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S’intéressant aux parallèles entre Salon et Média, quoi de plus naturel que de rencontrer une brillante créatrice de contenus, se nourrissant directement de la matière des Salons, pour comprendre le regard qu’elle porte sur ces événements pas comme les autres. Avec 9 heures de décalage, en direct de San Francisco, voici les questions que nous avons posées à Karine.

Quels salons affectionnez-vous particulièrement ? Qu’est ce qui vous fait vous déplacer jusqu’à Miami, Helsinki ou Dubaï, pour assister à certains salons ?

Certains salons sont incontournables. Le salon Maison&Objet à Paris ou encore le Salone del Mobile à Milan qui sont les must en matière de décoration et de design. Mais j’apprécie tout autant les salons que les évènements plus modestes, à taille humaine, tels que l’Habitat Fair durant la Helsinki Design Week ou bien encore les Design Days Dubai… Ces salons sont l’occasion de rencontrer des designers moins connus, voire même de pouvoir échanger avec eux, ce qui est plus difficile sur les évènements de grande ampleur. Pour moi, l’intérêt du salon est double. C’est avant tout une plateforme qui, en lançant des nouveaux produits, me permet de mieux cerner les tendances et nouveautés du monde du design

J’y découvre des choses auxquelles je n’aurais pas accès autrement, pas même sur Internet. Enfin, le salon fait office de plateforme de discussion avec des professionnels mais aussi avec des experts. C’est l’occasion de débats et de conférences assurés par des personnalités de renom dans la profession, sur des thématiques spécifiques. Le salon est ainsi une sorte d’arrêt sur image de ce qu’il se passe à un moment donné dans le monde du design. Il permet de prendre le pouls du présent et de cerner les tendances futures.

Le salon est ainsi une sorte d’arrêt sur image de ce qu’il se passe à un moment donné dans le monde du design

Au regard de votre expérience journalistique, considèrez-vous le salon comme un média en soi ?

D’une certaine manière, les salons sont un moyen d’accéder à l’information, une vitrine vivante. A moi ensuite de faire ma propre synthèse. Cependant, je considère davantage le salon comme une plateforme que comme un média en soi, dans le sens engagé du terme je veux dire. En effet, le média organise la transmission de l’information en rubriques et en prises de positions. Ce n’est pas le cas du salon, bien que cela pourrait être intéressant à mettre en place. Certains salons, et notamment les plus grands, fournissent énormément d’informations dans lesquelles j’ai tendance à me perdre. Il manque parfois un fil conducteur, un lien entre les marques, les exposants pour éviter l’effet “fourre-tout”. Les salons gagneraient à s’organiser en sections par propositions artistiques précises, ou à proposer des circuits aux visiteurs selon des thématiques précises. Cela permettrait aux visiteurs de mieux s’y retrouver.

Quelle est selon vous la valeur ajoutée du salon par rapport à d’autres supports médiatiques tels que les blogs ou les marketplaces par exemple ?

Les marketplaces proposent un contenu « filtré » en fonction de leur représentation des choses et de leurs centres d’intérêts. La vision n’est pas globale et manque d’objectivité. A l’inverse, le salon présente un panel exhaustif de l’ensemble des marques et des produits au sein d’un même lieu. De plus, la configuration du salon me permet de chercher des éléments très spécifiques tels que les couleurs de la saison, les matériaux à la mode, les talents montants… cela ne peut s’apprécier de la même façon dans la presse écrite ou sur Internet. Pour terminer, j’ajouterai que l’aspect humain est essentiel. Le salon me permet d’interviewer les personnalités du milieu, parfois même de faire des rencontres inattendues. C’est aussi une des grandes valeurs ajoutées des salons.

Interview réalisée par Claire GLÉMAU

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