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Avec les réseaux sociaux professionnels, chaque internaute peut aujourd’hui se renseigner sur l’actualité, échanger avec son réseau, trouver les influenceurs de son secteur mais aussi être générateur de contenu. Alors que le salon était pendant longtemps le lieu privilégié de rencontres professionnelles, il doit se repenser avec l’arrivée de la rencontre digitale. Sandrine Chauvin, rédactrice en chef Europe chez LinkedIn, nous renseigne sur les enjeux des créateurs de contenu.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours, ce qui vous a amenée à devenir rédactrice en chef Europe de LinkedIn ?

Journaliste de formation, je suis convaincue depuis des années que les plateformes web représentent un levier important de développement de ma profession. J’ai donc rejoint Prismamedia pour développer les rubriques “Carrière et Management” et “Retraite”  du site Capital.fr. J’ai ensuite lancé le site de la Harvard Business Review en France, destiné aux cadres dirigeants. En 2015, j’ai intégré LinkedIn, où je travaille aujourd’hui comme rédactrice en chef Europe.

Pouvez-vous nous définir les principales missions des journalistes de la rédaction de LinkedIn ?

L’équipe éditoriale de LinkedIn a été lancée il y a 3 ans en France et est en charge du contenu délivré sur la plateforme. Notre rôle est de nous assurer que tous les professionnels aient accès aux analyses, expertises et actualités qui vont transformer leur métier, leur industrie. Pour répondre à ce besoin, nous avons donc créé le programme “Influencers”, qui consiste à accompagner et à conseiller les personnalités les plus influentes au monde dans leurs prises de parole sur la plateforme afin qu’elles soient les plus diffusées et pertinentes possible. En parallèle, nous avons ouvert LinkedIn Publishing Plateform, anciennement Pulse, qui permet à tous les utilisateurs de publier des articles. La notion d’experts, qui seraient les seuls à pouvoir s’exprimer, est pour moi devenue totalement obsolète ; désormais la parole est à tous les internautes et on s’inspire de tous ceux qui veulent partager leur savoir. Nos missions s’articulent donc autour de trois axes :

Prenons l’exemple d’un organisateur de salon. Comment peut-il fédérer sa communauté autour de son événement ? L’une des possibilités (il y en a d’autres) est de créer une conversation en publiant des articles, des posts ou des vidéos sur LinkedIn, afin d’inviter tous les ambassadeurs du secteur (ici, les exposants, les conférenciers…) à échanger autour d’une problématique annoncée, et à publier du contenu avant, pendant et après l’événement. L’objectif est d’offrir une visibilité et une légitimité au salon,  et rendre tous les membres de cette communauté acteurs du savoir et de l’expertise proposée aux visiteurs du salon.

Quelle est votre vision de ce qu’est un média moderne, notamment au regard des nouvelles attentes des publics aujourd’hui et à venir ?

Selon moi, le monde des médias est bousculé par deux grandes tendances, et les organisateurs d’événements sont concernés par ces changements. Premièrement, le journalisme devient participatif. Toute la communauté peut apporter des informations et faire entendre sa voix. Nous avons par exemple invité certains membres influents de la communauté à poser des questions sur la réforme du travail, auxquelles la ministre a répondu ! Autre point, le média doit être ciblé. Les lecteurs ne veulent pas perdre de temps et désirent trouver la bonne information, celle qui va leur apporter une réelle valeur ajoutée, et cela rapidement. Au-delà de ce que peut faire un algorithme, les journalistes de l’équipe éditoriale de LinkedIn lisent le contenu créé et sélectionnent le plus qualitatif pour le transmettre aux bonnes communautés d’utilisateurs, notamment grâce à notre base de données lecteurs. Nous avons aussi la chance d’être une plateforme destinée aux professionnels, qui s’obligent eux-mêmes à rédiger des articles ou commentaires réfléchis, car ils signent chaque mot avec leur profil électronique. Cela fait que la qualité des conversations que l’on retrouve sur LinkedIn est souvent mise en avant par nos membres. Cet ensemble de « filtres » génère la qualité du savoir diffusé et c’est le rôle d’un média de s’intéresser et de valoriser ce contenu.

Dans le monde des Salons, la mission des exposants est aussi d’apporter du savoir qualifié. Selon vous, comment les organisateurs et les exposants peuvent-ils mettre en avant cette expertise ?

Un événement, comme un média, doit se démarquer par la qualité des réflexions qui sont menées et relayées

Un salon professionnel devient intéressant lorsqu’il répond à un réel besoin lié au secteur d’activité représenté. Il faut trouver un angle dans l’air du temps, qui aborde une problématique d’actualité, comme l’évolution des métiers ou les nouveaux enjeux auxquels les experts sont confrontés. Par exemple, pour le Salon de l’Automobile, devenu le Mondial de la Mobilité, il faut s’interroger sur l’avenir de la mobilité, les voitures autonomes, électriques… Pour moi, un événement, comme un média, doit se démarquer par la qualité des réflexions qui sont menées et relayées.

C’est le questionnement de départ qui va aider à structurer tous les contenus produits à l’intérieur du Salon, comme à l’extérieur, et ainsi créer la rencontre avant, pendant et après l’événement. L’objectif du salon est de fédérer la communauté pour qu’elle puisse à l’avenir continuer d’échanger au-delà du jour J de l’événement. Il appartient aux créateurs d’événements de s’emparer de la place de référents de leur secteur et d’éditorialiser leur contenu.

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