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Le Salon, en tant qu’acteur référent d’un secteur, doit innover et se réinventer à chaque édition. Nous sommes donc allés à la rencontre de Laetitia Faure, fondatrice du bureau de tendances en communication Urban Sublime. Elle nous livre les différentes facettes de son métier et dévoile les tendances actuelles transposables à l’univers des salons et événements. 

L’article résumé en 3 points :

Pouvez-vous nous présenter Urban Sublime ?  

Urban Sublime est un bureau de tendances liées à la communication : nous identifions les tendances innovantes dans le monde entier, notamment les innovations retails, digitales et relation client afin d’aider les marques et agences à anticiper le futur. Un réseau d’experts, basés dans des villes stratégiques comme Londres, Berlin, New-York ou Shanghai, détecte les nouveaux concepts pertinents pour le marché français.

Quels sont les différents aspects de votre métier ?

Je commence par m’inspirer, grâce à mes experts mais aussi aux voyages que je fais pour vérifier sur place la pertinence de ces tendances. Pour moi, il faut comprendre les consommateurs, leurs habitudes de vie, de consommation, pour ensuite juger de la pertinence d’une idée, d’une stratégie de communication. Une fois cette phase d’investigation accomplie, je restitue toutes ses informations à travers différentes conférences mais aussi dans une étude, « 50 tendances à intégrer dans votre stratégie », réalisée tous les deux ans.

Avec quels nouveaux enjeux les entreprises doivent-elles jongler ?

Les entreprises doivent désormais jongler avec de nombreuses problématiques. Il y a d’abord celle de la concurrence, dans un monde où tout s’accélère et où la surconsommation a fait émerger une multitude d’offres ! L’apparition des nouvelles technologies représente également un enjeu de taille ; à savoir quelle technologie utiliser et comment. Enfin, les millennials (jeunes nés entre les années 1980 et 2000), qui représenteront un quart de la population mondiale d’ici 2020 et 75% des actifs mondiaux d’ici 2025. Il est donc urgent de comprendre ces consommateurs, avertis et exigeants, ainsi que leurs attentes. Les entreprises doivent désormais aller plus loin et répondre à de nouveaux besoins. Lors d’une conférence donnée par Levi’s, à l’occasion de la commercialisation de leur veste connectée, le Directeur Général a déclaré ne plus vendre de jeans, mais vendre des solutions. La créativité et l’innovation sont donc des clés pour faire perdurer une marque dans le temps. Cette nouvelle génération est aussi à la recherche de valeurs éthiques et écologiques ; les entreprises doivent donc les promouvoir, mais aussi démontrer qu’il ne s’agit pas d’un simple acte marketing, mais que tout cela est véridique et appliqué.

Comment conserver son ADN de marque, tout en s’adaptant aux nouvelles tendances ?

Il ne faut pas se montrer opportuniste, au risque de s’éloigner de son identité de marque et de perdre la confiance du public. Il existe des tendances plus ou moins éphémères, appelées macro ou micro tendances. Je conseille aux entreprises de les sélectionner et de s’amuser avec, comme celle du « magasin instagrammable », qui consiste à décorer un lieu selon les codes visuels et de couleurs valorisés par les utilisateurs d’Instagram, pour mettre en avant les valeurs portées par la marque.

En tant qu’experte des tendances, quels conseils donneriez-vous aux organisateurs de Salons ?

Les Salons ont trop longtemps suivi les codes qui leur étaient associés, notamment concernant l’organisation spatiale (longues allées rectilignes, stands alignés …). Selon moi, ils devraient se penser comme des lieux de vie, animés, où il est facile et agréable d’aller échanger avec les exposants et visiteurs. Cette mise en situation améliorera les relations clients et facilitera, dans un second temps, le commerce. Il ne faut pas perdre de vue les objectifs principaux de ces événements qui restent de se rencontrer et de partager ses savoirs.

Je conseille aux organisateurs de ne pas hésiter à faire des tentatives, oser la nouveauté, pour offrir au public le meilleur de l’expérience ; il y a tellement de choses à inventer

L’ultra immersivité plaît beaucoup au public qui veut être surpris, immergé dans un autre monde, recevoir une proposition nouvelle. Les magasins, par exemple, se transforment en véritables espaces immersifs. Gucci à New York reprend tous les codes de la pharmacie, Restauration Hardware ceux de l’hôtellerie, Showfields ceux du musée. Le public souhaite aussi être acteur du moment, participer à des activités ludiques et vivre une véritable expérience émotionnelle. Pour ce faire, pourquoi ne pas s’inspirer des codes d’autres événements ? Comme ceux du festival, en développant l’aspect scénique par exemple. Les Salons doivent aussi oser le décloisonnement et s’ouvrir sur la ville en formant des partenariats locaux.

Si nous allons plus loin dans le raisonnement, ils pourraient même devenir nomades et se déplacer en fonction d’autres événements (congrès, défilés…) et permettre aux visiteurs de faire une double découverte. Je conseille aux organisateurs de ne pas hésiter à faire des tentatives, oser la nouveauté, pour offrir au public le meilleur de l’expérience ; il y a tellement de choses à inventer.