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Comment créer de l’engagement et faire participer son public ? Telle est la préoccupation des organisateurs de salons qui tentent de créer une dynamique nouvelle autour de leurs rendez-vous. Nous sommes allés à la rencontre d’une professionnelle, Nathalie Guichard, présentatrice d’événements (grand public et professionnels) et d’émissions télévisées depuis plusieurs années. Elle nous livre ses conseils pour intéresser et créer de l’interaction avec un public avant, pendant et après l’évènement !  

3 points à retenir

©Groupe IGS

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre activité ?

Je suis animatrice et présentatrice d’événements grand public et professionnels (tables rondes, séminaires, congrès, conventions, salons). J’anime aussi des émissions TV et participe à la réalisation d’interviews et de reportages en caméra embarquée qui permettent de faire vivre l’événement à ceux qui n’ont pu y assister. Certaines entreprises me demandent aussi des reportages pour leur communication interne.

Mon rôle est enfin de coacher en communication orale, écrite et visuelle mes clients et de les accompagner dans la scénarisation de leur contenu pour créer de l’engagement.

Créer de l’engagement et de l’interaction pendant un événement est quelque chose de fondamental. Quelles sont les clés pour y parvenir ?

Pour moi, il faut toujours prendre le temps de bien définir à qui l’on s’adresse pour ensuite préparer ses messages. Ils varient selon que l’on s’adresse à des institutions, partenaires financiers, grand public, etc. De la même manière, notre cible connaît-elle déjà l’événement ou non ? Cette réflexion va permettre d’adapter le discours et d’être pertinent.

L’événement doit rester un moment de rencontre, partage et échange. Je conseille de communiquer, notamment grâce aux outils digitaux, en amont de l’événement pour transmettre l’information pour déjà commencer à engager le public. Plus nous saurons l’intéresser et le questionner, plus nous le mettrons en condition d’interaction durant le salon par exemple. Ce lien tissé en amont doit perdurer dès le jour de l’événement via un accueil souriant et chaleureux. Lorsque l’on se sent bien, il nous est plus facile et naturel d’aller à la rencontre de l’autre et donc, dans un salon, des exposants.

Selon vous, comment rendre un discours captivant aux yeux des participants ?

A nouveau, lorsque l’on connaît sa cible on peut aussi analyser ses besoins. Il ne faut pas uniquement présenter son entreprise mais plutôt ce qu’elle peut apporter et changer dans le quotidien de ses clients. Les événements annuels sont les plus difficiles à rendre captivants puisqu’il s’agit souvent du même fil conducteur (présentation des actions passées, bilan, etc.). Selon moi, il ne faut pas hésiter à changer les codes si l’on pense que c’est mieux pour son public.

Par exemple, dans le cadre d’une conférence interne, nous privilégierons l’échange entre la société et ses collaborateurs, investisseurs ou clients, en réfléchissant aux stratégies à adopter demain. Nous publierons après un communiqué avec les chiffres que chacun sera libre de lire indépendamment.

Nathalie Guichard nous éclaire sur la notion d'engagement des publics...

Le Salon doit, selon moi, prendre en charge individuellement le public, penser à l’expérience qu’il offre à chacun

Grâce à internet, les visiteurs peuvent s’informer en amont et il faut les y encourager pour leur permettre de préparer des questions, c’est aussi comme cela que l’on crée l’interaction. Ainsi, on leur donne envie de participer, on les considère et ils se sentent comme « invités ».

Cette synergie doit être portée par les organisateurs eux-mêmes mais aussi par les exposants. Le Salon doit, selon moi, prendre en charge individuellement le public, penser à l’expérience qu’il offre à chacun.

Peut-on considérer le salon comme un média ?

Nous pouvons considérer le Salon comme un média car nous mettons en lumière un secteur d’activité et communiquons sur lui à l’extérieur ; mais il ne doit pas être simplement informatif, il doit vraiment se concentrer sur la rencontre et la création d’un réseau. Etre un média vivant qui le différenciera des autres médias.

Comment les salons pourraient-ils s’inspirer d’autres événements (sur la communication, engagement, contenu) ?

Hors salons, les événements dits grand public (comme les manifestations dédiées à une cause précise) sont en général extrêmement médiatisés et je constate qu’ils font un vrai effort dans la diffusion et l’accueil des participants. Ces manifestations se déroulent souvent sur un temps très court (une journée voire une demi-journée) et ils dépensent donc beaucoup d’énergie pour le rentabiliser en termes de création de lien avec la cible, engagement, interaction, diffusion etc.

Les Salons ne se déroulent qu’une ou deux fois dans l’année et n’excèdent généralement pas 4 jours, mais je ne retrouve pas pour autant cette énergie. Je sais que ce type de rendez-vous est épuisant, mais je pense que tous les acteurs (organisateurs, exposants) doivent puiser dans leurs ressources pour offrir, durant toute la durée de l’événement, la meilleure expérience possible aux visiteurs pour rentabiliser leur investissement. Il faut s’interroger sur cette logique « d’énergie » qui est le carburant de participation à toute rencontre, quelle qu’elle soit.