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Aujourd’hui, le salon ne nous paraît plus en phase avec les problématiques actuelles. En tant qu’étudiantes, en visite sur les salons, il nous est arrivé de nous sentir oppressées et perdues par rapport au nombre d’exposant. Etant trop nombreux, la sélection pouvait paraître peu cohérente, favorisant ainsi la quantité à la qualité. De plus, son fonctionnement actuel ne permet pas de répondre aux attentes écologiques devenues cruciales. Avec notre regard neuf sur cette institution, nous souhaitons lui donner un nouveau souffle en essayant de le repenser pour le reconstruire.

ChANGER LES CODES DU SALON

Nous avons trouvé un nouveau terme pour remplacer « salon », qui veut tout et rien dire à la fois : il est devenu un peu passe-partout, évoquant parfois des notions que nous voulions mettre de côté, telles que l’aspect oppressant, le stress, le trop-plein d’informations… C’est pourquoi le mot liv’in s’est imposé à nous, faisant référence au salon par sa traduction anglaise « living-room », mais surtout au vivant, à la vie avec la racine « live ». On voulait ainsi considérer les hommes, les animaux, les végétaux, c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants au cœur de notre projet. « In » inscrit cette nouvelle organisation dans l’air du temps. En effet, les enjeux économiques, sociaux et principalement écologiques, sont des aspects primordiaux à la réalisation d’un événement de cette envergure.

 Le liv’in se base sur 5 points clés :

1         L’innovation

Le liv’in ne sera composé que de marques et produits nouveaux, sélectionnés par un comité spécialisé, de façon à ce que le visiteur soit toujours surpris, ne soit jamais lassé par son contenu. Il serait en perpétuel renouvellement, le liv’in de l’innovation. Nous ne voulons pas pousser à la surproduction et à la surconsommation, c’est pourquoi il aurait lieu moins souvent, tous les 3 ou 4 ans, pour laisser le temps aux marques de créer de nouveaux produits et concepts, notamment en favorisant le réemploi des anciens produits pour de nouveaux usages.

2         Les enjeux d’aujourd’hui et de demain

Ces nouvelles marques, entreprises et produits présents au liv’in seront choisis selon les critères RSE. Bien sûr, les marques devront répondre et correspondre aux problématiques actuelles écologiques, technologiques et sociales. Car aujourd’hui, nous n’envisageons pas créer et imaginer le futur sans prendre en compte les valeurs RSE. Ainsi, le liv’in sera un rendez-vous de l’innovation et de l’évolution positive.

3         Une balade aléatoire

Autre point clé très important du liv’in : aucun plan ne sera donné au visiteur à son arrivée sur les lieux. Ainsi, il ne sera pas conditionné à un trajet en particulier dans l’espace, il fera l’expérience du hasard, comme une balade en nature, et naviguera à travers les allées sans savoir ce qui l’attend. La signalétique sera cependant renforcée pour ne pas laisser démuni le visiteur et éviter un sentiment de confusion. Nous souhaitons au final miser sur le hasard de la rencontre tout en donnant des éléments de repère au participant.

4         La charte green et la certification Liv’In

Nous imposerons une vraie charte green aux exposants et organisateurs. Voici les points principaux de cette charte :

  • Une personne, voire une équipe, dédiée aux sujets RSE doit être incorporée à l’organisation du liv’in. La problématique environnementale pose aujourd’hui des questions très complexes. C’est pourquoi la présence d’experts du sujet nous semble indispensable et devra avoir un vrai poids dans le processus de décision général. Ils se consacreront à l’amélioration de cet enjeu, visant à aller au-delà de ce qui a déjà été fait dans l’univers du salon et du stand.
  • Le liv’in et les exposants devront être certifiés ISO 20121, norme du domaine de l’événement qui régule l’organisation sur le principe de planifier-faire-vérifier-agir.
  • Il faut prendre en compte tous les facteurs. C’est à dire considérer l’intégralité des émissions de CO2 générées par l’évènement (transport, énergie, installation, matériaux utilisés pour les stands, gestion des déchets, alimentation…).
  • Sensibiliser les visiteurs et les exposants aux problèmes environnementaux, en leur montrant les différentes solutions que le liv’in emploie.

Les marques et produits participants pourront être certifiés le liv’in, certification qui sera également employée à l’extérieur de l’événement, étant ainsi bénéfique pour les entreprises mais également pour le liv’in. Etre certifié Liv’In donnera à l’entreprise une vraie valeur supplémentaire dans son activité économique et sociétale quotidienne.

5         L’espace labo

Le liv’in est avant tout un espace de découvertes. Nous avons voulu intégrer des espaces d’expérimentations et de partage au cœur du salon. Ce sont donc des zones de laboratoire qui seront intégrées parmi les exposants. Elles mettront à l’œuvre visiteurs et exposants, dans le but d’utiliser l’intelligence collective au service de la création et l’innovation. Ces dispositifs permettent aussi d’intégrer le visiteur au processus de fabrication, lui faisant vivre une expérience unique et collective, qui valorise l’individu.

+         Sortir du hangar

Afin de surprendre le visiteur pour lui offrir une expérience toute nouvelle, nous avons émis la possibilité de quitter les hangars d’expositions traditionnels vers des espaces insolites. Les extérieurs seraient ainsi mis en avant, en fonction de la saison pendant laquelle a lieu le liv’in, pour permettre aux visiteurs de respirer et d’éviter le sentiment d’oppression que peuvent amener les hangars. Cela s’inscrirait dans la dynamique d’un festival.

Les endroits abandonnés, comme la petite ceinture à Paris, et les lieux amenés à être délaissés tel que les usines, parkings, églises et hypermarchés vont eux aussi devoir se réorienter. L’exploitation de ces endroits par le liv’in s’inscrirait dans une démarche responsable et atypique. En créant la surprise par l’endroit, l’exposition s’imprégnerait de l’âme et du charme de l’espace pour faire vibrer le visiteur. Nous nous sommes inspirés du Projet Darwin à Bordeaux, de La grande surface à Paris (un ancien supermarché transformé en bar dansant), de l’abbaye de Clairvaux qui une fois par an ouvre ses portes à un festival de musique.

Exemple de plan du Liv’in

L’aménagement global de l’espace serait circulaire pour permettre à tous les chemins de culminer vers un point central qui est celui du partage et de la restauration. Cette disposition met en avant le bien-être du visiteur qui pourra profiter pleinement de sa balade. Entre deux zones d’exposition, il y aurait les espaces labo, qui permettraient au visiteur de s’ouvrir l’esprit et d’innover. Aux extrémités du plan, ces espaces seraient réservés à l’accueil, aux sanitaires et au stockage.