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Les salons exploitent de plus en plus les réseaux sociaux pour raconter leur histoire. Mais qu’en est-il de l’expérience spatiale de l’événement, l’expérience véritable, là où les différentes identités se côtoient et doivent s’affirmer ? Cette complexité propre au monde du Salon est difficile à appréhender. Comment raconter une histoire commune qui soit à la fois claire pour le visiteur, cohérente pour les marques présentes et alignée avec la vision du salon lui-même ?

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter tous les deux ?

 Nous avons 46 ans en moyenne et 47 ans d’expérience à nous deux. Après 10 années dans des cabinets de conseil internationaux, à des postes de direction de sociétés côtées et de start-up en accélération, nous avons eu l’envie de créer notre propre projet dans le conseil et dans une modalité différente de ce qui existait, car nous voyions déjà à l’époque la nécessité d’inventer de nouveaux modèles organisationnels et managériaux.

La Voie des Hommes, une communauté de consultants indépendants, est donc née. Sans le savoir, comme Monsieur Jourdain nous avons expérimenté les principes actifs de l’entreprise « libérante » et d’une organisation agile en s’appuyant sur :

Cette aventure, qui dure depuis 15 ans, nous a permis de tester de nouveaux modèles d’organisation, de management, de partage de la valeur, et de nous forger par la pratique des convictions sur l’engagement, le développement des potentiels, les modèles de vie en commun, la capacité à bâtir des futurs souhaitables et durables pour répondre aux défis des marchés et des attentes sociétales actuelles et futures. En observant notre environnement, deux leviers nous sont apparus comme essentiels pour l’avenir des métiers (incluant celui de conseil bien sûr) :

  • Comment profiter de façon pratique et quotidienne des progrès des sciences cognitives & sociales ?
  • Comment préserver l’équilibre humains / machines ?

Jean Fourastié (économiste) disait « La machine conduit l’Homme à se spécialiser dans l’humain ». Jacques Fradin (neuroscientifique) dit « Le cerveau et nos émotions sont de très mauvais maîtres, de très bons serviteurs » et « le potentiel de notre cerveau est immense notamment pour traiter la complexité ». Vous l’aurez compris, nous souhaitons que nos aventures entrepreneuriales soient aussi des laboratoires d’expériences, et « que les conseilleurs testent chez eux » avant de proposer « aux payeurs ». Nous refusons catégoriquement l’adage : « les cordonniers sont les plus mal chaussés ! ».

Nous avons donc décidé de lancer une nouvelle aventure et une nouvelle expérimentation, toujours sur le marché du conseil en transformation : NOS FUTURS. Nous avons construit un écosystème pluridisciplinaire (consultants, formateurs, scientifiques, universitaires, spécialistes des EdTech, des nouveaux modèles d’affaires, des plateformes de conversation digitales…) pour permettre aux entreprises qui collaborent avec Nos Futurs d’accéder à 3 forces simultanément:

  • L’expérience des projets de transformation collectifs et individuels,
  • La pluridisciplinarité des équipes composées spécifiquement par missions,
  • L’intégration permanente dans nos pratiques des dernières avancées scientifiques (neurosciences, anthropologie…) et des innovations technologiques.

Dans quelle mesure les interactions et échanges entre des individus, notamment dans un cadre professionnel, peuvent être génératrices d’une créativité bien supérieure à une réflexion solitaire ?

Notre vision est de combiner avec nos clients les principes de la « pensée en mouvement », des conversations permanentes, et le progrès continu y compris dans la forme des échanges

C’est bien sûr à pondérer selon la typologie de personne, le rythme des échanges, le sujet à traiter mais c’est une certitude. Pour que 1+1 dépasse 2 il y a des prérequis. Il s’agit de poser clairement le sujet et de respecter des principes d’intelligence collective qui, sur le papier, apparaissent comme des certitudes pour ne pas dire des banalités mais nécessitent souvent des transformations personnelles et collectives pour les déployer réellement. Notre vision est de combiner avec nos clients les principes de la « pensée en mouvement », des conversations permanentes, et le progrès continu y compris dans la forme des échanges.

Comment essayez-vous de stimuler ces échanges, de créer les conditions d’une « désinhibition » entre les interlocuteurs respectifs ?

 S’il n’y avait qu’un seul invariant, nous pourrions dire : la CONFIANCE. Donc, la première chose à faire est de « créer les conditions de la confiance » dans le groupe et entre le groupe et les consultants ; c’est un savant mélange d’émotions, de connaissance des sujets, de capacité à se centrer sur les besoins et les motivations de ses interlocuteurs, dans un contrat moral promesse-preuve. Dans ce contexte, dès que les prérequis sont posés, nous nous appuyons sur la puissance de la question et de l’écoute sans projection, afin de forger des diagnostics partagés, d’animer la controverse, d’accepter de changer les plans et méthodes pour toujours s’adapter au rythme de travail des participants. Bref des enjeux clairs, transparents et partagés, ainsi qu’une agilité permanente sur l’adaptation des méthodes.

Où puisez-vous votre propre inspiration ? Comment réussissez-vous à rester créatif ?

Existe-t-il une liberté d’innovation dans le management ? Quelle difficulté peut-on rencontrer ?

Tout d’abord, la différence se fera avec les femmes et les hommes. Confions à la machine le connu et le répétitif pour garder les questions plus complexes pour l’humain, qui est le seul à pouvoir les appréhender …si on lui donne les bonnes conditions d’exercice. Bien sûr il est possible d’innover dans le management, c’est même nécessaire, nous avons d’ailleurs la chance d’accompagner des projets ambitieux où nos donneurs d’ordre veulent rendre l’organisation plus « libérante », plus agile.

 Toute organisation qui souhaite innover dans ses pratiques managériales pour faire face aux défis du présent et du futur, devra pouvoir mettre en place les éléments suivants au sein son organisation :

  • Authenticité et transparence pour renforcer la confiance,
  • Humilité créatrice pour que chacun prenne sa place, sa responsabilité,
  • Aventure pour renforcer la vision, le plaisir et l’engagement,
  • Serviabilité pour valoriser la coopération et l’intelligence collective,
  • Justesse pour devenir agile,
  • Résilience pour encourager la créativité et valoriser les échecs.

Le Salon et les événements sont des lieux d’interactions, comment peuvent-ils aller plus loin encore et stimuler le potentiel créatif de chacun ?

Tout d’abord en assumant son statut de partie visible d’un secteur. Chaque Salon devient un temps, un lieu, un thème, la partie vivante d’une filière, et doit assumer ce leadership au risque qu’un autre acteur ne prenne sa place. Il faut ensuite se centrer sur l’expérience visiteur en priorité.

Dans un monde réel et virtuel, le salon est le seul endroit où nous nous rencontrons physiquement, ce qui permet de vivre la rencontre, de partager des émotions, et de créer de la mémoire commune. Il faut capitaliser sur la dimension, à la fois physique et virtuelle, pour faire évoluer les salons. Vivre une expérience unique dans un monde où la principale ressource est le temps, pourrait se résumer ainsi : gagner du temps et passer du bon temps. Ce sera le pari de tous les facilitateurs et consultants de demain.

Chaque Salon devient un temps, un lieu, un thème, la partie vivante d’une filière, et doit assumer ce leadership au risque qu’un autre acteur ne prenne sa place

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