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Pablo Nakhlé Cerruti

Directeur général de VIPARIS

A l’occasion de l’événement SYT – See You There 2022, l’événement annuel de la filière organisé par UNIMEV, l’équipe de L’Innovatoire a rencontré pour vous Pablo Nakhlé Cerruti, directeur général de VIPARIS. Il nous parle ici de sa vision globale de l’événement et de la stratégie de VIPARIS pour 2022 et les années futures. Il évoque également ce que cela signifie en termes d’enjeux sociétaux et en termes d’investissement pour accompagner la reprise, aussi pour préparer l’avenir et l’événement de demain.

En quelques mots, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? 

Je m’appelle Pablo Nakhlé Cerruti. Je suis Directeur général de VIPARIS depuis 4 ans.

Quelle est votre vision globale, votre stratégie pour VIPARIS en 2022 et pour la suite ?

La stratégie pour VIPARIS en 2022, comme pour nous tous c’est d’abord de consolider la reprise. Nous avons redémarré collectivement depuis septembre 2021 et nous nous rendons compte que sur ce cycle la reprise a été forte dans tous les segments du marché, que ce soit dans les salons qu’ils soient professionnels ou grand publics, les congrès et les événements d’entreprise. Notre industrie est validée par les exposants !

Pour Viparis, il s’agit de capitaliser sur tout ce que nous avons mis en place pendant la crise : les nouvelles façons de travailler, nos investissements, nos produits. En tant que gestionnaire de lieu, notre priorité a été de proposer des lieux qui soient différents et qui servent la réussite de l’événement. Cela passe par des espaces très numériques comme la Jam Capsule à la Porte de Versailles ou Eternelle Notre-Dame à Espace Grande Arche. Mais c’est aussi un nouveau CNIT l’année prochaine, le Carrousel du Louvre rénové, des projets à Paris Nord Villepinte ou au Palais des Congrès de Paris.

Côté services, nous nous adressons à la fois aux organisateurs et aux exposants, et ce dans trois directions : l’amélioration de la logistique, des solutions digitales et une contribution à la décarbonation de l’événement. S’agissant de la logistique, une solution de logistique déportée est en place au Palais des Congrès de Paris et à vocation à se déployer sur tous nos sites en zone urbaine dense ; il s’agit de mutualiser l’ensemble des biens et marchandises qui doivent être utilisés ou présentés sur un événement afin d’éviter les allers et venues coûteuses économiquement comme d’un point de vue carbone des camions. Pour le digital, des studios fixes ou mobiles ainsi qu’une connectivité unique en Europe sont proposés sur tous nos sites. Et sur le dernier point de l’impact, il s’agit désormais d’une préoccupation à tous les niveaux. A titre d’exemple : nous avons annoncé aujourd’hui, un partenariat avec la start-up Furniture For Good, incubé à French Event Booster. Ils vont donc nous fournir les 1600 chaises qui seront installées au CNIT dès l’année prochaine. Ce sont des chaises qui sont fabriquées à partir de matériaux plastiques recyclés en Île-de-France. C’est un procédé innovant d’upcycling, par ailleurs tout à fait confortable.

Quels sont les projets RSE, les enjeux sociétaux de VIPARIS pour les prochaines années ?

Notre premier enjeu sera d’être capable de mettre au même niveau la performance carbone de l’événement et sa performance économique. Aujourd’hui, le parc est contributeur de la performance économique de l’événement, au sens où l’événement lui-même est là pour générer du business pour les exposants et donc tout ce que le parc met à disposition comme plateforme physique ou digitale doit permettre à l’organisateur d’assurer un retour à ses exposants. C’est ce que l’on fait, et nous devons encore nous améliorer, c’est certain.

Pour en revenir à la question de savoir comment le parc peut contribuer à la performance carbone de l’événement, c’est un travail qui va s’effectuer d’abord sur la façon dont on construit nos bâtiments. La charpente du hall 3 du Bourget, en cours de construction, en bois. Ensuite, la façon dont nous exploitons le bâtiment : l’enjeu ici de la consommation énergétique du fait de la thermie comme des équipements est essentiel

Pour aller plus loin, nous réfléchissons aussi à des solutions énergétiques qui nous permettent de ne pas qu’être consommateur d’énergies propres, mais également producteur, avec la potentielle installation de centrales hydrogènes ou de centrales solaires.

Et le troisième point qu’on regarde, ce sont les prestations que nous proposons. Et nous disposons d’un catalogue bien fourni ! Aujourd’hui, on est capable de répondre concrètement à un organisateur d’événements qui nous dit : « quelles sont les prestations que tu mets à ma disposition pour améliorer l’empreinte carbone ?». Ou quand un organisateur nous dit : « qu’est-ce que dans tes prestations vont rendre mon événement bas carbone ?». Nous disposons de partenariats pour lutter contre le gaspillage alimentaire, de prestataires fournissant des dalles de moquettes recyclables et réutilisées que l’on peut proposer pour les salons.

Quels sont les investissements, les enjeux aujourd’hui sur les lieux, après une crise de 2 ans où ces derniers étaient vides ?

L’enjeu essentiel, du moins ma conviction sur l’avenir de notre métier, c’est qu’il va se passer trois choses. Trois choses où VIPARIS essaie de se positionner.

La première c’est que, à nouveau je parle pour VIPARIS, nous allons accueillir de plus en plus d’événements à fort impact. Le déplacement d’affaires, on en fera sans doute un peu moins et on prendra moins l’avion parce que c’est moins efficace économiquement et surtout écologiquement. En revanche, lorsqu’il sagit dassister à un événement majeur, une fois, deux fois, trois fois par an, là on le fera. Là, nous prendrons l’avion et nous ferons le déplacement à cette occasion.  Et ces événements majeurs vont donc devenir encore plus gros.

Au cœur de ces grands événements, la notion d’expérience :  cela passe par une offre hôtelière, de restaurants, de magasins, etc. Il est même tout à fait probable dans les années à venir, nous pourrons trouver des lieux dédiés à la beauté, au soin, au bien-être personnel, des spas, des health center… dans les parcs !

En parallèle, cet événement génère du contenu qu’il soit chaud -pendant l’événement, ou froid pour continuer à animer la communauté entre les événements. Ce contenu va forcément voyager online par la suite et là, nous arrivons à l’investissement digital du parc, précédemment évoqué.

Enfin, troisième chose. Aujourd’hui, lorsque vous aimez le théâtre, l’opéra, le jazz, les festivals … Et bien la première chose que vous regardez désormais quand vous vous rendez à une représentation, par exemple, c’est le OFF.

L’événement aujourd’hui peut avoir aussi son OFF, voire son « OFF site » lorsque l’on parle d’une multitude d’événements satellites qui se trouveraient autour, franchisés ou labellisés.

Qu’elle est votre vision de l’événement de demain ?

C’est un événement qui sera inoubliable ! La puissance de la relation humaine relève de l’intangible. Le besoin de nous retrouver est nécessaire : c’est l’émotion, le souvenir, l’expérience.